PME PMI, quelles solutions pour optimiser vos achats d’énergie ?

Sécuriser et prévoir sa facture énergétique tout en optimisant les dépenses est devenu pour les PME un enjeu de plus en plus vital. L’ADEME table même sur une augmentation moyenne des énergies de 6 % par an sur les 10 prochaines années. Alors que faire pour limiter sa facture énergétique et diminuer ses émissions de gaz ? Quelques clés pour faire le tour des possibles.

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Changer de fournisseur, une fausse bonne idée ?
Il peut être tentant de céder aux sirènes des « nouveaux entrants », fournisseurs d’énergie alternatifs ou encore de services « d’achats groupés ». Cela peut conduire à des économies à court terme, mais ce n’est pas vraiment pas la solution à long terme puisque, inéluctablement, le coût de l’énergie va continuer d’augmenter. Et pour changer d’opérateur, le tarif d’achat le plus attractif ne doit pas être le seul critère de décision. Il est ainsi important de bien connaître ses postes de consommations, leur répartition dans le temps, et éventuellement les possibilités d’interruption de consommation. Ensuite, les points d’attention sur ce qui est proposé sont :
– le prix – qu’inclut-il exactement et est-ce bien comparable d’une offre à l’autre ;
– les modalités d’évolution de prix – fixe, libre, indexé selon contrat, conditions éventuelles de minimum de volume ;
– la durée d’engagement du contrat et les conséquences financières en cas de résiliation anticipée ;
– les critères environnementaux – les offres d’électricité « verte » ou offres de gaz naturel « biogaz ou compensées carbone » –
Pour aller plus loin dans cette réflexion, le site du médiateur national de l’énergie, avec un accès pro ou particulier, peut aider. (https://www.energie-info.fr/Pro).
Il en est de même des achats groupés, qui ne garantissent pas une vraie économie mais simplement l’accès à un prix plus attractif (quelques pourcents), car les volumes négociés en groupe sont plus conséquents et permettent de limiter l’effet de la hausse à plus ou moins court terme du coût de l’énergie.

Moins consommer, mieux consommer
« Notre approche est simple et nous intervenons auprès des PME de deux façons possibles pour moins et ou mieux consommer et faire des économies pérennes. L’audit énergétique est le point d’entrée et détermine les actions de réductions des consommations énergétiques, pour moins consommer et/ou mieux consommer », introduit Sylvain Lagarde codirigeant d’Eqinov.

Sylvain Lagarde

Citons pour exemple des cas fréquents tel le dimensionnement d’une nouvelle centrale de production de froid, la récupération de chaleur sur les groupes froids existants pour préchauffer de l’eau, les équipements sur ce type de projet peuvent être financés jusqu’en totalité par les CEE (certificats d’économies d’énergie).

Pour le mieux-consommer, il s’agit de faire de l’effacement de consommation électrique sur tout ou partie d’un processus industriel. Dans le cas de la société Antarctic Foods Aquitaine, spécialiste de légumes surgelés, a été déterminée la capacité de baisser sa consommation durant quelques heures, en fonction des besoins du réseau électrique (RTE) tout simplement en arrêtant les tunnels de surgélation . Ce service rendu au système électrique, sans générer aucune contrainte sur son propre fonctionnement, est rémunéré significativement, de l’ordre de 5 à 20 % de sa facture énergétique.

« Enfin, les CEE participent également au financement de nouvelles unités de production, comme c’est le cas de la fromagerie Germain, qui a bâti un nouveau site de production avec des technologies éligibles telles que des motorisations performantes à variateur, de la récupération de chaleur et optimisation de la production de froid à haute et basse pression flottante », complète Sylvain Lagarde.

« Pour aider à rénover des installations ou en installer de nouvelles plus performantes, nous pensons pertinent de pouvoir accompagner nos clients en co-investissant avec eux, ce qui a pour conséquence de faciliter la prise de décision. Pour illustrer ceci, nous proposons alors un bail locatif qui lisse dans la durée les travaux d’installation ; ce bail peut d’ailleurs être associé à une garantie de performance énergétique, qui se traduit par un engagement à long terme de toutes les parties », illustre encore Jean-Luc Rosier, directeur Entreprises, ENGIE Entreprises & Collectivités.

Jean-Luc Rosier

Utiliser et produire de l’énergie verte
« Beaucoup de PME se posent la question d’inclure une part d’énergie verte dans leurs achats d’énergie. Le moteur de cette décision est souvent de se placer dans une logique d’achats responsables, et d’ajouter ce point supplémentaire positif à leur politique RSE, souligne Nelly Molus, consultante spécialisée dans les achats responsables. Pour le photovoltaïque, en autoconsommation ou revente, sur les PME que je rencontre, ce n’est que le début des réflexions, ajoute-t-elle. Les offres en photovoltaïque existent pourtant, mais là encore, comparaison, références du fournisseur, usage de la production, analyse du montage financier, sont des points clés à bien étudier. »

« Le prix du MWh produit aujourd’hui s’est très fortement rapproché des prix du marché ; les installations sont donc très compétitives. Pour faciliter la réalisation des projets, nous proposons souvent d’investir pour le compte du client, et nous nous engageons alors pour une durée de 15 à 20 ans, à ses côtés. C’est, par exemple, le cas d’une des premières sociétés à s’être installée à Estrablin, sur la zone artisanale de Vienne Condrieu Agglomération, en Isère », illustre Jean-Luc Rosier d’ENGIE.
Repositionner l’achat d’énergie dans une démarche RSE

Nelly Molus

« Une démarche RSE repose sur 3 piliers fondamentaux dont l’un est l’environnement et à ce titre inclut les dimensions énergie et réduction des émissions de gaz à effet de serre », introduit Nelly Molus. De ce fait, la démarche RSE est d’ailleurs efficace à plusieurs titres :
– d’une part, parce qu’elle prolonge la vision de l’entreprise au-delà de la simple dimension énergétique, et cela porte bénéfices pour la PME auprès de ses clients Grands Groupes qui sont de plus en plus sensibilisés à la dimension RSE de leurs fournisseurs PME dans le cadre du devoir de vigilance avec, comme moyens, la possibilité de faire des audits dits RSE (audit SMETA/SEDEX) ;
– d’autre part, cela permet de maîtriser le poste énergétique tout en portant une communication positive pour la PME en interne comme en externe, et la dimension d’achat d’énergie est alors incluse dans une approche plus large de réflexion sur la transition énergétique et de limitation de l’impact environnemental bien sûr, mais aussi social, économique et éthique.

Ainsi, une approche RSE en PME permet de porter d’autres projets, on peut ainsi améliorer conjointement productivité, efficacité énergétique, confort et sécurité au travail sur la chaîne de production.

« Prenons l’autre exemple d’une société en charge des infrastructures électriques et qui a lancé un programme pour obtenir le label Relations fournisseurs et Achats Responsables (voir Médiation des Entreprises sur le site RFAR.fr) qui intègre la Norme ISO 20400. Dans ce cadre sont examinées la prise en compte, dans les appels d’offres, de critère RSE pour la sélection des fournisseurs proposant des solutions techniques qui limitent les émissions de gaz à effet de serre, et l’utilisation de matières polluantes. Les fournisseurs PME qui sont dans une logique RSE ont une plus-value dans ce cadre », ajoute l’experte.

« Les démarches normatives sont aussi intéressantes, qu’il s’agisse d’ISO 14001 ou ISO 50001, elles poussent à analyser son impact environnemental, à prendre des mesures pour recycler au maximum, à minimiser ou produire son énergie, et à limiter l’impact CO2. Les PME prennent conscience de leur impact environnemental et font preuve d’ingéniosité pour minimiser l’énergie consommée, mais aussi l’eau et les rejets polluants, poursuit Nelly Molus. Citons le cas d’une fonderie d’aluminium qui, en faisant son analyse de cycle de vie, a cherché bien sûr à minimiser ces polluants liés aux matières premières tout en révisant son process de production très énergivore, mais aussi, du fait de l’électrolyse productrice d’énergie,pour être en mesure de revendre de l’électricité au bon moment sur le réseau. L’occasion d’une mise à plat et d’une optimisation qui ont permis à la PME de consolider sa relation à long terme avec l’un de ses gros clients. »

Comprendre et accompagner le risque prix
« Dans notre logique de nouer des partenariats dans la durée avec nos clients PME/PMI, nous leur proposons, depuis juin 2018, d’accéder directement à notre salle des marchés de l’énergie par l’intermédiaire d’une plateforme digitale innovante baptisée SAM-e. Ainsi, pour ceux qui souhaitent la liberté d’un prix construit selon les évolutions des prix marché, et qui veulent surtout saisir les prix de marché correspondant à leurs besoins pour des consommations futures, il est tout à fait possible, avec cette application, d’effectuer facilement une gestion dynamique de leurs achats, et ce, en seulement quelques clics ! Sachant qu’en prolongement de ce choix du client, ENGIE se charge de la gestion du risque et des couvertures sur le marché. Actuellement, plus d’une centaine de PME, pour environ 2,5 TWh, ont trouvé un grand intérêt à cette offre qui procure une véritable opportunité de choix pour les dirigeants de ces sociétés », explique Jean-Luc Rosier d’ENGIE.

Afin de gagner du temps et être réactif, ils peuvent notamment définir des alertes de seuils, en cas de baisse, pour suivre les mouvements de marché et fixer les achats au bon moment. Enfin, les PME disposent également au quotidien d’une vue budgétaire actualisée de leur poste énergie gaz naturel et électricité.


Les PME montrent l’exemple avec les trophées « C’est aussi ma Terre ! »

« Les trophées récompensent et mettent en lumière des bonnes pratiques établies par les participants. Organisée pour la deuxième année, l’édition passée a suscité un bel engouement aussi bien des PME, des ETI que des copropriétés et des syndics. Des réponses avec des initiatives environnementales qui constituaient pour certains participants leurs “premiers pas verts” et durables, avec une volonté forte de partager les bonnes idées, de favoriser les échanges et de tisser des liens », explique Jean-Luc Rosier, d’ENGIE Entreprises & Collectivités. Une seconde catégorie, « Les efforts durables », valorise l’engagement dans la durée de sociétés ayant déjà contribué à l’environnement par la mise en place d’initiatives concrètes et porteuses de résultats.

« Parmi les critères de sélection, il y a l’originalité de l’action et les résultats obtenus, mais aussi sa reproductibilité pour d’autres PME et, bien sûr, l’objectif de réduction de l’empreinte carbone, par exemple par des économies d’énergie, la réduction ou revalorisation des déchets, la production ou l’usage d’énergies renouvelables », souligne Jean-Luc Rosier.

La société Pocheco, qui a été lauréate l’an passé, dans la catégorie « efforts durables », est une PME nordiste qui fabrique des enveloppes. Son projet, baptisé Écolonomie, repose sur trois objectifs : réduire son impact environnemental, augmenter sa productivité et réduire la pénibilité des postes. Parmi les actions mises en place dans ce cadre, citons celles relatives à l’environnement : parc de véhicules professionnels électriques, récupération de la chaleur issue de compresseurs et de pompes pour chauffer une partie des ateliers, toiture en partie photovoltaïque, et enfin optimisation des consommations énergétiques des lignes de production avec des procédés ou machines plus performants.
Pour cette édition 2019 des Trophées « C’est aussi ma Terre », la clôture des inscriptions est le 19 mars et la remise des prix le 3 avril. Pour accéder au site de candidature, cliquez ici !


Jean-François Moreau

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