Interphonie en copropriétés : les technologies sans fil se développent

Videophone d'immeuble. (c) Urmet-Castel

Les occupants des immeubles en copropriété, mais aussi les gestionnaires d’immeubles se préoccupent de plus en plus de la sécurité en mettant en place un contrôle des accès pour se protéger des intrusions indésirables. Des solutions qui doivent être fiables, faciles à utiliser par les habitants de l’immeuble, les visiteurs ou prestataires de services, les services de secours. L’arrivée de technologie sans fil 3G ou 4G permet d’apporter de nouveaux services tout en réduisant les frais d’installation et d’entretien avec plus de sécurité.

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Pour un syndic de copropriété, un gestionnaire d’immeuble, un conseil syndical, la sécurisation des accès des copropriétés est devenue incontournable. Cela se fera lors de travaux décidés par les résidents ou le gestionnaire mais aussi lors de la construction d’immeubles neufs ; les architectes, promoteurs et entreprises de construction ayant bien intégré ce point dans le développement de leur projet.

La solution la plus simple est souvent le clavier codé ou digicode (marque déposée du fabricant CDVI), mais de plus en plus, les installations avec portier interphone et vidéophone se développent, car elles apportent de nouveaux services, une plus grande facilité d’utilisation pour un prix qui est devenu très compétitif. « Les résidents veulent être joignables rapidement et par des moyens divers, les rénovations doivent être rapides, moins coûteuses ; les copropriétaires, les responsables de syndics ou les membres des conseils syndicaux veulent pouvoir administrer eux-mêmes leurs outils », confirme Pascal Perrin, directeur opérationnel de Urmet/Yorkis. Les nouvelles technologies vont permettre de répondre à l’évolution de ces besoins.

Ainsi, pour Benjamin Pourteau, Product Marketing Specialist, WA, DES&Smarter Home d’ABB, qui développe son offre ABB-Welcome, « les enjeux sont la sécurité pour protéger l’accès au logement et autoriser les visiteurs à entrer, la simplicité d’une installation d’utilisation quotidienne, sa pérennité, l’accessibilité à tous et le confort pour s’adapter à chaque besoin. Le portier connecté répond à toutes ces exigences ».

Le développement des solutions sans fil 3G et maintenant 4G, connectées à une application mobile

Les platines de rue sont disponibles en différentes finitions pour répondre aux souhaits des copropriétés. (c) Noralsy

Pas de doute pour Emmanuel Levy, président de Noralsy, « l’évolution majeure en quelques années est le développement de l’interphone sans fil sur téléphone mobile, qui permet de répondre avec un téléphone mobile (ou fixe) à un appel audio du visiteur et ouvrir à distance ou d’avoir une communication vidéo avec ce visiteur. Les interphones sans fil se démocratisent avec des avantages d’usage : transporter son interphone avec soi, être informé des visites, avoir plus de sécurité en cas d’absence, et pour les personnes âgées avoir un combiné disponible sans se déplacer. Mais il y a aussi des avantages économiques : pas de câblage ou de moniteur dans l’appartement, et le déploiement de cette solution peut être mis en œuvre en quelques heures. L’interphonie sans fil peut se faire pour les appels audio ou vidéo sur téléphone fixe ou mobile via le réseau téléphonique GSM/3G, mais aussi, comme pour notre interphone 4G Mini, en technologie 4G, connecté à une application mobile sans besoin de raccordement à une box extérieure ».

Des applications mobiles disponibles sur l’App Store ou Google Play vont alors apporter de nouvelles fonctionnalités et services. L’application Portaphone de Noralsy permet ainsi de prévisualiser le visiteur, de zoomer en un clic sur le visage mais aussi d’afficher l’historique des visites en cas d’appel manqué. Et si le smartphone n’est pas connecté, l’appel sera en audio via le réseau téléphonique classique. Cette solution répond aux besoins des personnes à mobilité réduite qui ont accès à leur interphone depuis leur téléphone. Cogelec-Intratone a développé l’application gratuite Interphone-Intratone pour accéder à la vidéo sur tous les écrans : smartphones, tablettes et ordinateurs. L’option CallMe d’Urmet pour les « résidents connectés » permet un transfert d’appel de la plaque de rue vers le mobile du résident.

(c) Urmet

Des équipements adaptés à toutes les demandes des copropriétés
L’offre des constructeurs, parmi lesquels on peut citer ABB, CDVI, Noralsy, Cogelec-Intratone, Urmet-Castel ou Fenotek, permet de répondre à la diversité des demandes pour des bâtiments neufs, des rénovations d’immeubles, des demandes de syndics ou de bailleurs sociaux qui représentaient 30 % du marché en 2018. Et, note Pascal Perrin, « la plaque de rue de l’interphone doit pouvoir se décliner dans de nombreuses finitions pour s’adapter au style de l’immeuble. Elle doit bien sûr avoir une caméra de très bonne qualité ainsi que toutes les fonctionnalités permettant de changer les noms facilement, d’être en mode connecté pour pouvoir ouvrir ponctuellement à certaines personnes. Dans l’appartement, on veut pouvoir ouvrir à distance avec le smartphone, ou garder un moniteur vidéo ou un poste audio. On veut aussi pouvoir adjoindre des fonctions domotiques, là encore dans le smartphone ou sur le moniteur, pour centraliser des commandes suivant des scénarios de vie (éteindre toutes les lumières, fermer les volets en partant…). De même, entre le syndic et les résidents, des messages peuvent être affichés sur les platines ou moniteurs dans l’appartement. On peut aussi ajouter des alertes techniques liées à des détecteurs ».

Visualisation sur smartphone d’un visiteur. (c) Noralsy

Pour les 15 millions de logements collectifs en France, Emmanuel Levy estime le taux de remplacement global des installations entre 5 à 7 % par an. Soit 750 000 à 1 million d’installations à rénover : « Sur ce marché, l’interphonie sans fil est majoritaire, en particulier pour les bailleurs sociaux. Pour le neuf, la part de marché du sans-fil est plus faible car il est plus facile de prévoir le câblage à la construction, mais la tendance est aussi au GSM, technologie pour laquelle se font les innovations et permettant des services à forte valeur ajoutée pour des résidents connectés. Mais il ne faut pas oublier des innovations techniques pour la platine de rue telles que la caméra invisible à l’œil nu ou une fixation avec empreinte propriétaire par des installateurs agréés comme sur nos produits et des services comme notre plateforme Baticonnect pour gérer les équipements en temps réel (noms, badges, codes d’accès…) et les droits d’accès des prestataires. »

Des installations pour garantir l’accessibilité à tous
Tous les équipements et installations d’interphonie dans un bâtiment d’habitation collectif neuf ou en rénovation doivent respecter la loi 2005-12 du 11-02-2005 avec par exemple une installation de la platine de rue à une hauteur comprise entre 0,9 et 1,3 m à plus de 40 cm d’un angle rentrant et disposer de signaux sonores et visuels pour le visiteur. L’interphone doit permettre de visualiser le visiteur assis dans un fauteuil roulant. Les platines peuvent aussi intégrer des marquages en braille des touches, un code d’appel pour les personnes malvoyantes ou des messages vocaux et l’intégration d’une boucle magnétique pour les visiteurs portant un appareil auditif.

Lorsque des données personnelles sont stockées comme le numéro de téléphone des résidents, la traçabilité de leurs accès ou des images, ces données doivent être conformes à la RGPD et dans certains cas, ces opérations doivent être soumises à la CNIL (données stockées 3 mois).

Jean-Paul Beaudet

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