31, Place Bellecour, Lyon

place bellecour
© Bega, Photographie : Xavier Boymon – Maîtrise d’ouvrage : OGIC/Dentressangle Initiatives – Maîtrise d’œuvre : Studios d'Architecture ORY & associés, architectes de conception Archipat, architectes du Patrimoine Maison Lavoine, décorateur d’intérieur Archigroup, architecte d’exécution – Conception paysage, lumière et MOE : FRYS Associés – Solutions éclairage extérieur : BEGA, LEC, SLV

Sollicitée par OGIC en 2015 pour intervenir sur la reconversion en logements et commerces de l’ancienne Université catholique, Florence Romersa, architecte associée, agence Frys Associés, a réhabilité le 31, place Bellecour, à la fois sur le plan paysager et lumière, qui a mobilisé les pôles Paysage et Lumière de l’agence.

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En 2015, l’Université catholique se trouve à l’étroit sur ce site implanté entre le Rhône et la Saône ; aussi, décision est prise de déménager pour des espaces plus grands. OGIC et la ville de Lyon souhaitent revaloriser cet îlot au patrimoine exceptionnel constitué de bâtiments construits aux XVIIe, XVIIIe et XXe siècles. Sous le contrôle de l’architecte des bâtiments de France, la réhabilitation associe démolition (et donc reconstruction) et reconversion du bâti existant, sans impact sur les façades sur rue qui ont toutes été conservées. « Le nouveau site comprend 175 appartements (dont des logements sociaux gérés par France Habitation), plus de 2 200 m² de commerces et bureaux ainsi que 100 places de stationnement dans un parking souterrain qu’il a fallu créer, détaille Florence Romersa. L’idée était d’offrir une déambulation fluide à travers les traboules et les quatre cours intérieures pensées comme des jardins. » Très attachée à ces cheminements lyonnais, Florence Romersa a construit son projet lumière autour des traboules et des cours largement végétalisées. « Nous avons travaillé sur des thématiques végétales et colorées, avec un support de dallage en pierre claire dans la tradition lyonnaise, précise Florence Romersa. Quant à la lumière, nous ne pouvions ignorer la place qu’elle occupe à Lyon, tant en ce qui concerne l’éclairage urbain que les lumières festives, nous avons donc tenu compte de la proximité de la place Bellecour, centre névralgique de la cité. »

© Bega. Photographe Xavier Boymond

L’architecture lumière
Pour Florence Romersa, architecte de formation, qui a été chef de projet chez Les Éclairagistes Associés, puis responsable de l’éclairage public dans une importante intercommunalité d’Île-de-France, avant son association au sein de Frys Associés, c’est une évidence : il faut traiter le champ nocturne aux dimensions de la ville. Elle travaille donc à son échelle, tenant compte, pour chaque projet, de sa constitution, de son fonctionnement, depuis la première intention jusqu’à la mise en œuvre. « Je m’appuie sur deux fils conducteurs : la ville et la dualité diurne/nocturne, et ce, pour tous mes projets. De plus, étant Méditerranéenne, j’ai un rapport particulier à la lumière, qu’elle soit naturelle ou artificielle, explique Florence Romersa. Pour ce qui concerne le 31, place Bellecour, nous avons plutôt abordé ensemble la lumière publique et la lumière privée pour une intégration complète dans le site. » La conception lumière repose sur une hiérarchisation des éclairages avec un travail sur l’orientation et le guidage de façon à « appeler » les gens à pénétrer dans cet îlot peu visible de la rue, et inversement, à les conduire de ces bâtiments vers l’extérieur. Les parcours sont ainsi définis par la lumière : les façades des porches d’entrée côté place Bellecour et côté rue du Plat sont marquées par des appliques LED de Bega directionnelles de teinte chaude (3 000 K) disposées latéralement et calées sur le régime de l’éclairage public en termes de temporalité (allumage/extinction). De façon générale, la composition chromatique s’accorde avec les architectures et leur histoire : des températures de couleur chaudes ont été utilisées pour les appliques bidirectionnelles Bega sur les parties patrimoniales, passages couverts, porches, croisées d’ogives, tandis que le bâti moderne, notamment l’immeuble de verre conçu par Ory, est éclairé en teintes plus froides.

Une vision raisonnée de l’éclairage

© Bega. Photographe Xavier Boymond. Conception paysage, lumière et MOE FRYS Associés

© Bega. Photographe Xavier Boymond. Conception paysage, lumière et MOE
FRYS Associés

Chaque cour a fait l’objet d’un éclairage spécifique en fonction du traitement paysager. La cour principale est éclairée par une ligne de profilés de Bega (en 4 000 K) implantés au droit du bâtiment neuf en verre teinté, formant des ombres portées au sol. « Nous avons traité le sol de cette cour dans des dominantes de blanc avec diverses strates végétales (à floraison blanche) et valorisé ce concept paysager avec des bandeaux lumineux à LED qui s’insèrent de manière aléatoire dans la végétation, en blanc froid, 6 500 K », explique Florence Fomersa.

La cour d’honneur, conçue par l’architecte lyonnais Georges Curtelin, est ouverte sur la rue du Plat. L’architecte a fait le choix ici de travailler les éclairages symétriquement : toujours en gardant en filigrane les notions d’orientation et de guidage, deux candélabres d’ambiance (de 4,50 m de hauteur de feu) ont été positionnés de chaque côté du portail. « Au sol, nous avons créé un tapis lumineux en 3 000 K qui conduit aux différentes entrées, ajoute Florence Fomersa. Ici, les façades reprises dans des tons de beige ont été éclairées par des appliques en contre-plongée intégrées dans les corniches. »

La troisième cour, véritable jardin fermé au public, comprend une façade de la chapelle, et ne peut être vue que des étages. Elle offre des tonalités de rouge et de blanc en écho à la place Bellecour et bénéficie d’un éclairage sobre réalisé à l’aide de quatre plots dont les faisceaux se projettent sur les vitraux de la chapelle et se reflètent ensuite sur la façade du bâtiment en verre. Enfin, un éclairage fonctionnel ponctue la quatrième cour, qui donne accès à divers locaux techniques. Chaque espace étant géré par un syndic différent, aucun pilotage n’a été mis en place, laissant à chacun une plus grande liberté de gestion et de maintenance. Pour Lysandre de Pizzol, directeur commercial, Bega, « cette réalisation illustre bien la philosophie de Bega qui propose depuis plus de 70 ans des luminaires de qualité au service de l’architecture ».

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