Dossier : Éclairage des équipements sportifs

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© HVH / OM, Orange Vélodrome de Marseille – Bureau d’étude : Denco Installation : SNEF – Solution éclairage : Philips

Lumières N°28 – Dossier : Éclairage des équipements sportifs – Interview de Jean-Charles LARRIEU, ingénieur-conseil à la Fédération française de tennis – Exemples : Orange Vélodrome de Marseille (13) par Philips – Gymnase Ginko à Bordeaux (33) par Sylvania – Court de tennis de Flaujac-Poujols (46) par Tungsram – Centre de ski Åre, Suède par Lumenpulse – Salle Steredenn à Saint-Brieuc (22) par Ridi

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Les terrains de sport font l’objet de toutes les attentions : qu’ils soient pris d’assaut par des amateurs désireux de se maintenir en forme ou destinés aux plus hauts niveaux de compétition, ils doivent bénéficier d’éclairages réglementés par la norme NF EN 12193 expliquée et commentée par un guide de l’Association française de l’éclairage (juillet 2018). Selon l’AFE, 325 000 équipements sportifs sont dénombrés en France, dont plus de 70 % à la charge des communes. 85 % de ce parc sont considérés comme vieillissants, 4 équipements sur 10 ayant été construits il y a près de quarante ans. Plus de 40 000 de ces équipements permettent la pratique de plusieurs sports. L’éclairage est un facteur déterminant pour la sécurité et la performance des utilisateurs ainsi que pour l’exploitation et la rentabilité de l’équipement sportif.

La Fédération française de tennis : un service pour conseiller

Le département équipement de la Fédération française de tennis offre un service gratuit à l’ensemble des clubs affiliés, via les ligues, afin de les conseiller et de les accompagner pour toutes les questions concernant l’entretien des terrains existants ou la construction de nouveaux équipements. Les techniciens interviennent auprès d’environ 1 000 clubs par an (dont 200 en déplacement), sur tout l’Hexagone.

Jean-Charles LARRIEU, ingénieur-conseil, pôle fédéral, département équipement, Fédération française de tennis

Lumières – Comment fonctionne votre service et à qui s’adresse-t-il ?
Jean-Charles Larrieu – Nous sommes trois techniciens et intervenons à la demande des ligues aussi bien sur des questions d’entretien, de rénovation d’installation que d’aides financières. Nous nous rendons dans les clubs pour élaborer un diagnostic de l’état des courts en réalisant des sondages (court en terre battue), des relevés, et en constatant les différents désordres qui affectent les courts. Un rapport de visite est établi et envoyé aux clubs. Ces rapports sont souvent utilisés comme support afin de convaincre les collectivités d’engager des travaux d’entretien ou de rénovation. Une fois sur place, nous échangeons beaucoup avec les clubs, qui sont les utilisateurs des courts, et les collectivités, qui en sont la plupart du temps les propriétaires. Nous traitons tous les équipements techniques, y compris l’éclairage, sans pour autant nous substituer aux bureaux d’études ou aux services techniques des villes. À la demande des clubs et toujours via les ligues, notre service peut réaliser un audit complet de l’ensemble des installations d’un club – courts couverts et extérieurs, club house, vestiaires. Nous proposons différents projets de développement de la pratique et apportons des précisions sur les normes qui fixent les conditions nécessaires à la pratique du jeu ; par exemple : identification des besoins du club (axes de développement), état des lieux des installations, chiffrage du coût des travaux et programmation.

Quelle est la place de l’éclairage dans ces installations ?
Jean-Charles Larrieu – Tout d’abord, il faut bien distinguer les courts couverts (au nombre de 9 000, environ) et les courts de plein air (22 000). En intérieur, nous comptons à peu près 6 000 courts qui ont plus de 20 ans et dont l’éclairage est, par définition, complètement obsolète, utilisant encore des sources sodium haute pression ou aux iodures métalliques. Nous rencontrons souvent les technico-commerciaux des grands groupes de l’éclairage qui nous présentent les avantages des appareils à LED. Notre rôle n’est pas de prescrire du matériel, ça, c’est le travail des bureaux d’études spécialisés ou des services techniques des villes, en revanche, nous pouvons conseiller des technologies qui permettent de répondre aux exigences d’éclairagisme dans le respect de l’environnement, notamment à l’extérieur. Je pense qu’environ un quart des courts de plein air bénéficient d’un éclairage artificiel. Nous sommes consultés soit dans le cadre d’installations neuves, soit pour des rénovations. Par exemple, vous avez un projet d’éclairage de vos courts extérieurs : nous pouvons étudier les devis et les éléments techniques en votre possession et vous conseiller techniquement afin que votre éclairage respecte les normes et recommandations fédérales.

Quelles sont vos recommandations en termes de critères techniques ?
Jean-Charles Larrieu – Il faut se référer à la norme généraliste NF P 90-110 « Sols sportifs – Terrains de tennis – Conditions de réalisation » et pour l’éclairage la norme européenne NF EN 12193. La Fédération recommande 500 lux à maintenir pour l’intérieur et 300 lux à maintenir pour l’extérieur avec une uniformité supérieure ou égale à 0,7 et un maillage de 15 points sur le tracé de jeu. Pour les clubs professionnels, les exigences sont beaucoup plus élevées : 750 lux, 1 000 lux et 1 200 lux, selon le niveau de compétition. Nous n’avons que des recommandations pour le facteur de maintenance, l’indice de protection, la résistance aux chocs mécaniques ou l’indice de rendu des couleurs.

C’est la norme 12193 qui fait référence en la matière. À quelles contraintes devez-vous faire face ?
Jean-Charles Larrieu – Ce sont les courts de plein air qui posent le plus de problèmes, les existants, je veux dire. Souvent construits dans les années 70 ou 80, ils sont éclairés par des appareils positionnés sur des poteaux, parfois mal placés, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes de contrôle de l’éblouissement (UGR, Unified Glare Rating). Lors de rénovations, il nous arrive de proposer des valeurs d’UGR aux maîtres d’ouvrage qui sollicitent notre avis. C’est là que les luminaires LED sont efficaces car ils peuvent être associés à un système de gestion de l’éclairage, tel que DALI par exemple, et offrir la possibilité de moduler l’éclairage selon les besoins. La lumière ne répond pas seulement à des critères techniques, elle se rapporte aussi et surtout au confort des joueurs qui doivent pouvoir pratiquer leur activité sportive dans des conditions visuelles optimales.

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Orange Vélodrome de Marseille (13) par Philips

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© HVH/OM, Maîtrise d’ouvrage : Olympique de Marseille – Bureau d’étude : Denco – Installation : SNEF – Solution éclairage : Philips

L’Olympique de Marseille a « allumé le feu » sur la pelouse du stade Orange Vélodrome le 1er septembre dernier lors du match OM-Saint-Étienne. En effet, cette rencontre inaugurait le tout nouvel éclairage dynamique qui permet de créer de véritables shows lumineux en avant et après match. De nombreux critères ont été pris en compte :
– les exigences de la FIFA et de la LNR pour ce qui concerne les différents niveaux d’éclairement requis pour l’entraînement et les compétitions ;
– des scénarios dynamiques pilotés par DMX qui sont programmés dans le cadre d’un « son et lumière », permettent d’offrir un véritable spectacle.
« Notre solution Interact Sport répond à toutes ces exigences, explique Christophe Bresson, directeur de la communication, Signify. Nous avons ainsi proposé une gamme unique de projecteurs, l’ArenaVision LED, déclinée en plusieurs modèles afin de coller au plus près aux différents besoins d’éclairage. Par exemple, le système offre la possibilité d’obtenir des ralentis sans aucun scintillement ou encore des noirs complets, ce qui n’était pas faisable avec les technologies classiques. Signify a signé avec la société SNEF, un contrat de service garantissant la performance de l’installation d’éclairage sur une durée de 15 ans. » Les scénarios sont programmés et directement accessibles depuis le panneau tactile TPC situé en régie. L’utilisateur peut déclencher le mode d’éclairage souhaité par une simple pression sur l’icône correspondante. L’éclairage du terrain est réalisé à partir de 316 projecteurs, tandis que l’éclairage des tribunes comprend 60 projecteurs.

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Gymnase Ginko à Bordeaux (33) par Sylvania

© Sylvania. Photo : Arthur Pequin – Maîtrise d’ouvrage : Ville de Bordeaux – Maîtrise d’œuvre : Atelier FGA, architecte mandataire – Conception lumière : Yon Anton Olano – BET pluridisciplinaire ingénierie : Eccta – Acoustique : idB II – Solution éclairage : Sylvania – Installateur : CIMEA – Surface : 2 884 m²

En 2018, la ville de Bordeaux s’est dotée d’un équipement public emblématique, véritable porte d’entrée de l’écoquartier Ginko depuis le centre-ville de Bordeaux. Ce projet s’est bâti sur le thème de l’ouverture, qui se décline en séquences d’un parcours urbain initiant une « nouvelle tranche de vie et de ville », peut-on lire sur le site de la ville. Le public profite d’un accès aisé aux tribunes et de magnifiques vues panoramiques depuis le bar. À l’est, un théâtre de verdure permet de s’installer pour observer les utilisateurs du mur d’escalade. L’acier Corten utilisé en façade s’harmonise avec les teintes végétales offertes par le parc situé à proximité.
Le complexe abrite un pôle de sports collectifs (44 m x 24 m), comprenant une aire sportive, des vestiaires et des sanitaires mais aussi une zone d’accueil du public avec buvette à l’étage et des locaux mutualisables, ainsi qu’une surface artificielle d’escalade (SAE) adossée à un mur pignon du gymnase couvert, avec possibilité d’ouverture pour une pratique en plein air à la belle saison. Cette SAE, de 14 m de haut, gérée par le Stade Bordelais ASPTT, offre 130 voies pour tous niveaux. « Le concepteur lumière, Yon Anton Olano, a fait le choix de dessiner une ligne de vie lumineuse qui serpente à travers le bâtiment, partant du rez-de-chaussée, longeant l’escalier, pour arriver aux tribunes, commente David Amourous, prescripteur, ingénieur d’affaires chez Sylvania. Nous avons convaincu la maîtrise d’ouvrage d’opter pour la LED, solution vraiment éco-performante par rapport à la fluorescence. Le luminaire Rana Linear LED fournit 2 000 lumens pour 1,50 m de long en 4 000 K. »
Le mur d’escalade est éclairé par des projecteurs LED Beacon XXL en 3 000 K, qui offrent un flux lumineux de 3 700 lm, un IRC de 93 et trois ouvertures de faisceaux : 21°, 50°, et 67, positionnés sur des rails au plafond. Ils fonctionnent en DALI, permettant ainsi une gestion affinée de l’éclairage en fonction du niveau de pratique (loisirs, entraînement ou compétition). « Dans la salle multisport, ajoute David Amourous, deux rangées de luminaires Sylveo LED asymétriques (30 000 lumens) ont été installées à 9 m de hauteur, parallèlement dans le sens longitudinal de la salle. Là aussi, une gestion en DALI permet de programmer trois niveaux d’éclairement selon les besoins : scolaire, entraînement et compétition. » Chaque fédération sportive a pu mesurer et valider les niveaux d’éclairage.

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Court de tennis de Flaujac-Poujols (46) par Tungsram

© Tungsram

Le court, très fréquenté par les joueurs de tennis, expérimentés comme amateurs, présente des dimensions de 36 m x 18 m pour une hauteur sous plafond de 8,05 m. Il était primordial d’apporter une solution d’éclairage qui permette aux joueurs de se concentrer sur leur jeu, dans des conditions confortables, en particulier pour les joueurs réguliers qui s’entraînent plusieurs fois par semaine. Une autre demande concernait les consommations : la maîtrise d’ouvrage souhaitait bénéficier d’une structure sportive moderne et responsable, en installant moins de luminaires, peu énergivore et dotée d’un éclairage qualitatif.

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© Tungsram

La résistance du luminaire était également à prendre en compte, à cause des chocs possibles causés par les balles lancées lors des matchs et entraînements. L’étude d’éclairage a été confiée à la société Lampe Service Éclairage située à Balma, dans la périphérie de Toulouse, qui a prescrit les produits GE Lighting/Tungsram. Après l’identification des besoins en collaboration avec Lampe Service Éclairage, la solution retenue s’est portée sur le luminaire AHIx GE, qui convient bien aux structures sportives grâce à sa technologie d’optique réfléchissante et à ses capacités de flexibilité et de fiabilité. Le projecteur AHIx GE offre un flux lumineux de 31 570 lumens pour une consommation de 250 W, soit une efficacité lumineuse de 126 lm/W, pour une température de couleur de 4 000 K et un indice de rendu des couleurs de 70. Il présente en outre un indice de protection IP66 : IK08.

© Tungsram

Avec une durée de vie de 110 000 h (L80), le luminaire AHIx est classé A+, ce qui correspond aux exigences de la maîtrise d’ouvrage en matière d’énergie, la consommation étant passée de 400 W à 250 W par luminaire. Grâce à ses performances élevées et à son optique Extra Wide Flood, AHIx GE a permis de réduire le nombre d’appareils à installer. Ainsi, 16 luminaires ont été suffisants pour assurer un éclairage de qualité du court de tennis. Les joueurs bénéficient de conditions largement améliorées, plus confortables, apportant à la fois davantage de fiabilité et de sécurité.

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Centre de ski Åre, Suède par Lumenpulse

© Photographe : Mikael Silkeberg, Concepteur lumière : Ljusarkitektur – Partenaire : Stockholm Lighting

Le concepteur d’éclairage suédois Ljusarkitektur a collaboré avec Lumenpulse pour transformer un des centres de ski les plus prisés du monde en décor de soirée fantastique. La nouvelle attraction tire profit de l’éclairage pour offrir une ambiance familiale en soirée en prolongeant les heures d’ouverture après le coucher du soleil. L’installation s’inscrit dans le cadre d’un investissement majeur par le propriétaire du centre, SkiStar, qui compte rentabiliser ses efforts en deux ou trois années.

© Photographe : Mikael Silkeberg

Inspiré des géants et des trolls des légendes locales pour imaginer l’éclairage, Kai Pippo, directeur artistique de Ljusarkitektur, a commenté le projet : « Ce projet se veut autant un décor à admirer qu’une expérience à vivre. Nous sommes parvenus à utiliser les technologies de pointe pour perpétuer et réinventer les contes locaux traditionnels vieux de plusieurs centaines d’années. » L’installation comporte 240 luminaires à changements de couleurs. Différents projecteurs Lumenbeam, y compris le Lumenbeam LBX, gagnant d’un prix Red Dot pour sa conception, ont été employés pour réaliser le projet.

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Salle Steredenn à Saint-Brieuc (22) par Ridi

© Xavier Bonny

Le complexe multisports Steredenn (« étoile » en breton) comprend une salle de sports principale de 3 058 places en gradins (Salle Galaxie), une salle de gymnastique (Salle Grande Ourse), une salle de gymnastique rythmique (Salle Petite Ourse) et une salle de danse. Construite en 1995, elle nécessitait une rénovation de son éclairage afin d’accueillir dans de meilleures conditions les compétitions de niveau national et international : tournoi international de tennis, championnat de France de badminton, de roller, de rink hockey, de gymnastique, de gymnastique rythmique ou de twirling bâton, gala de boxe, show des Harlem Globetrotters, matchs de handball de Division 1, matchs de basket-ball de Nationale 1, matchs de volley-ball professionnel.

©Xavier Bonny

©Xavier Bonny

« Dans un premier temps, la ville a demandé un niveau d’éclairement de 800 lux qui permettait de couvrir tous les niveaux de pratique dans toutes ces disciplines, explique Raynald Vilaine, chef des ventes, Ridi. Nous avons proposé nos luminaires LED SHL équipés de modules maintenables. Certes, cette solution constitue un surcoût mais convainc les collectivités car elle offre des luminaires qui s’inscrivent dans le cadre d’une démarche développement durable. En effet, les modules sont facilement remplaçables et par conséquent pérennes. » Les services techniques de la ville se sont cependant aperçus que 1 200 lux étaient requis pour le niveau 1 de handball. Après avoir réalisé les études photométriques pour les différents sports et niveaux de compétition, Ridi a opté pour le luminaire LED SHL en 9 350 lm et 4 000 K. Fermé, il offre une résistance élevée (IK08) aux chocs de balles et il est doté d’une vitre et d’une grille de défilement (basse luminance). « Nous avons procédé aux relevés d’éclairement pour vérifier la conformité avec les quatre fédérations de sports, volley, tennis, basket et hand, précise Raynald Vilaine, et avons défini le maillage des luminaires dotés chacun de quatre modules (soit 37 200 lm). » La ville n’a pas souhaité de système de variation d’intensité, en revanche, l’installation dispose d’allumages différenciés pour s’adapter aux niveaux de pratique de chaque sport. Le nouvel éclairage a été livré pour le tournoi de handball d’accession à la LIDL Starligue, qui s’est déroulé les 18 et 19 mai derniers.

Retrouvez le dossier du numéro 27 de Lumières ici.

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