Le bois, une solution privilégiée pour réduire l’impact carbone des constructions

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L’entrée en vigueur prochaine de la RE2020 doit contribuer à diminuer significativement l’impact sur le climat des bâtiments neufs. La règlementation alloue à cet effet une place centrale au bois et aux matériaux bio-sourcés, pour décarboner un secteur encore très largement dépendant du béton.

Si la France souhaite parvenir à la neutralité carbone – soit l’état d’équilibre entre les quantités d’émissions de gaz à effet de serre (GES) émises par l’être humain dans l’atmosphère et celles qu’il retire – d’ici à 2050, tous les secteurs sont priés de mettre la main à la pâte. Responsable de 40 % de la consommation énergétique globale et à l’origine de 30 % des émissions carbonées nationales, le bâtiment est évidemment l’un des leviers à privilégier pour diminuer l’impact de l’économie sur le climat.

D’après La Fabrique écologique, un think et do-tank créé en 2013 qui promeut l’écologie et le développement durable, si « le bâtiment est un secteur primordial pour la Stratégie nationale bas carbone » (SNBC, la feuille de route de la France pour la transition écologique), c’est avant tout parce que « la production de ciment représente à elle seule 2,6% des émissions nationales, soit 11% des émissions de l’industrie. » Ceci en raison de la présence d’énergies fossiles (fortement émettrices de GES) tout au long du cycle de production/consommation du ciment, l’élément clé du béton.

« Les processus de combustion chimique et thermique impliqués dans la production de ciment sont une source importante d’émissions de dioxyde de carbone. Chaque année, plus de 4 milliards de tonnes de ciment sont produites, ce qui représente environ 8 % des émissions mondiales de CO2 », décrypte Chatham House, le think tank spécialisé dans les affaires internationales. En précisant : « Pour que le secteur du ciment soit conforme à l’accord de Paris sur le changement climatique, ses émissions annuelles devront diminuer d’au moins 16 % d’ici à 2030 ».

Problème : si certains grands noms du BTP planchent actuellement sur la fabrication d’un béton « zéro carbone », cette technologie est encore en phase d’expérimentation. Comment dès lors verdir l’immobilier, tertiaire notamment, actuel comme futur ? En ayant recours au bois. « Plébiscité pour sa capacité à séquestrer et stocker le carbone biogénique, […] il réduit l’empreinte carbone de la construction de 25 % », rappelle Eugénie Deloire, journaliste aux Echos. Selon l’étude Climwood 2030, réalisée en 2016 au niveau européen, « l’utilisation matériau des produits bois entraîne une baisse des émissions de GES fossile sur l’ensemble du cycle de vie par comparaison à des produits alternatifs fonctionnellement équivalents de l’ordre de 1,5 à 3,5 t CO2 par tonne de produits bois ». Avec 30 % de son territoire recouvert de forêts, la France dispose donc d’un avantage certain.

Une filière prête à relever le défi

Le bois, nouvelle hype de la construction ? « C’est une ressource inépuisable, à la durabilité et à la solidité reconnues, certes inflammable, mais plus résistant que l’acier en cas d’incendie », avance Paul Jarquin, fondateur de REI Habitat. Quant à Luc Charmasson, président du Comité stratégique de la filière bois, il attire l’attention sur l’association possible du bois avec d’autres matériaux, comme le béton par exemple, à l’image de la majorité des bâtiments créés pour les Jeux olympiques de 2024 à Paris.

« A titre de comparaison, l’énergie grise (la quantité d’énergie consommée lors du cycle de vie d’un matériau ou d’un produit) nécessaire à la fabrication de bois scié est de 350 kWh/m3, contre 700 kWh/m3 pour le béton », affirme également Eugénie Deloire. Véritable « puits de CO2 durant toute sa croissance », pour reprendre les termes de Denis Vasilov de chez “Cluster Eco-construction”, le bois est appelé à jouer un rôle croissant, d’autant plus avec la Réglementation environnementale 2020 (RE 2020) qui entrera en vigueur l’an prochain exige une réduction des émissions de GES des bâtiments neufs de 30 % d’ici à 2030.

La filière bois a donc une carte à jouer pour contribuer à faire émerger une filière constructive plus respectueuse du climat en France, où « le quart du parc de logements [prévu pour 2050] n’est pas encore construit, selon la ministre du Logement Emmanuelle Wargon. Ces futures constructions neuves se doivent d’être à la fois durables pour notre planète et de qualité pour leurs occupants, de demain et d’après-demain. A travers la RE 2020, c’est donc une transformation ambitieuse qui s’engage, progressive et déterminée, pour toutes les filières de la construction ».

Aujourd’hui, les acteurs de la filière estiment que 63 % des besoins en matière première sont produits et récoltés dans les forêts françaises. Un taux qui pourrait augmenter, en s’appuyant sur la gestion durable des forêts de nos territoires. Un cycle vertueux, non seulement pour l’économie française, mais aussi pour l’environnement et le climat, les arbres étant des capteurs de CO2, que le bois continue de séquestrer tout au long de sa vie. Au service de la neutralité carbone.

 

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