iGuzzini : HCL, une philosophie plus qu’une technologie

Cahier technique HCL © iGuzzini. Photo : Gunnar Sverrisson
The Retreat de Blue Lagoon, Grindavík, Islande.
Maître d’ouvrage : Blue Lagoon – Architectes : Basalt Architects – Concepteurs lumière : Liska - Guðjón L. Sigurðsson. © iGuzzini. Photo : Gunnar Sverrisson

Pour Renaud Lièvre, directeur général d’iGuzzini France, les avancées du HCL résultent désormais du travail et de la recherche conjointe de plusieurs fabricants, même si chaque marque développe ses solutions propres. L’approche «People Centric Lighting», comme il la définit, traduit une certaine philosophie de la lumière d’iGuzzini.

Que représente pour vous la notion de HCL ?
Renaud Lièvre – iGuzzini a fait sienne cette approche de l’éclairage que nous, nous aimons renommer « People Centric Lighting », à savoir la lumière pour les gens, qui est devenue au fil des années une véritable philosophie, une autre façon d’aborder la lumière. Le HCL n’est pas du tout un chapeau que l’on a ajouté, ou un produit marketing ; chez iGuzzini, il s’agit vraiment d’une réflexion, de résultats de recherches. Les premières études d’iGuzzini sur le rôle de la lumière dans l’amélioration de notre confort datent des années 1980, lorsque nous avons sorti un luminaire en collaboration avec plusieurs autres fabricants. Sivra était un plafonnier qui permettait de faire varier la température de couleur. Déjà, à cette époque-là, nous savions que la lumière pouvait représenter un bon vecteur de communication et avoir une action douce et non agressive sur l’être humain. Prenons l’exemple de l’éclairage public dans une ville : si l’on abaisse l’intensité le soir, le message peut être compris comme « rentrez chez vous, parlez plus doucement ». La lumière a ainsi un réel impact sur notre comportement, sans que l’on en soit forcément conscient ; c’est là que la notion de HCL prend toute son importance.

Quelle a été l’approche d’iGuzzini dans ses solutions HCL ?
Renaud Lièvre – Nous avons très tôt développé un système de carte à puce qui permettait à l’utilisateur de lancer les programmes d’éclairage (mettant en oeuvre des tubes fluorescents) avec des températures de couleur différentes. Les premières applications ont concerné des espaces équipés d’écrans, comme des centres d’appel, des locaux qui ne bénéficiaient pas de lumière naturelle, donc sans repère temporel. Cette approche s’inscrivait, et s’inscrit toujours, dans un contexte raisonné et raisonnable, loin des systèmes « usine à gaz », et plutôt dans une relation entre le collectif et l’individu. L’une des dernières solutions que nous proposons traduit aussi bien notre réflexion philosophique que nos avancées technologiques : un luminaire doté de plusieurs fonctionnalités telles que le Tunable White, l’intégration de haut-parleurs et de caméras de surveillance, et ce qu’on appelle le « warm dimming » (développé il y a déjà une dizaine d’années). Cette fonction reproduit, avec la technologie LED, ce qu’il se passait avec les lampes halogènes : en baissant l’intensité, on se rapproche des teintes chaudes et inversement, en montant en puissance, les températures de couleur deviennent plus froides, tout comme dans le cycle de la lumière du jour. Récemment, nous avons fabriqué un produit spécifique qui équipe les chambres d’un hôtel en Islande (voir photos) : le SoleLuna, un plafonnier qui allie une technicité très approfondie et une certaine poésie dans l’utilisation, via un boîtier de commande qui propose plusieurs scénarios jouant sur les températures de couleur et les intensités. Mais nous pouvons aller encore plus loin dans les développements du HCL.

Vous faites allusion au Double Dynamic Lighting (Éclairage double dynamique) ?
Renaud Lièvre – Oui, il s’agit d’un projet mené par l’université d’Aalborg à Copenhague et auquel ont participé, outre iGuzzini, le Groupe Fagerhult, Tridonic et Zumtobel. Ellen Kathrine Hansen, professeure agrégée et directrice de programme en conception d’éclairage au département Architecture, Conception et Technologie des médias et son équipe ont exploré la combinaison de la lumière du jour dynamique et de l’éclairage artificiel dans un contexte spatial. Ce qui ouvre de nouvelles perspectives : en introduisant le facteur de l’orientation de la lumière naturelle (ce que les architectes appellent le masque solaire), comment peut-on personnaliser un lieu grâce à l’éclairage artificiel pour qu’il réponde aux attentes de l’individu ?

 

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À lire aussi dans le Cahier technique de Lumières N°35 consacré au Human Centric Lighting  ou HCL :

  • Interview de Yann Chevrier, chef de projet chez Sylvania : Combiner un nouveau spectre lumineux et une gestion intelligente
  • Interview de Benoît Henneton, responsable marketing, et Ludovic Bécourt, responsable prescription de B.E.G. : Pour un éclairage bien-être qui suit le rythme circadien
  • Interview de Renaud Lièvre, directeur général d’iGuzzini France : Human Centric Lighting, une philosophie plus qu’une technologie
  • Interview d’Isabelle Forcari, Lighting Design Manager chez Erco France : Un éclairage au service de l’utilisateur

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