La transition énergétique nécessite des investissements massifs, ce qui rend indispensable la montée en puissance de solutions capables d’accélérer les rénovations sans alourdir la dette publique. Créée en février 2025, Powesco est issue de l’association d’Enerlis, spécialiste de l’efficacité énergétique, et du fonds White Summit Capital, et propose aux clients BtoB une approche intégrée de la rénovation, depuis l’audit terrain jusqu’au suivi de la performance, avec des capacités de préfinancement pouvant aller jusqu’à 100 %. Frédéric Pierre, directeur général délégué de Powesco, revient sur l’origine et le positionnement de l’entreprise, sa méthode fondée sur la performance réelle et la pertinence de ce modèle de financement, notamment pour les collectivités.
Pouvez-vous rappeler son origine et son positionnement ?
Frédéric Pierre – Powesco a été créée en février 2025, mais elle n’est pas réellement une jeune entreprise, car elle résulte de l’association de deux actionnaires aux expertises complémentaires. Le premier, Enerlis, est un acteur historique de l’efficacité énergétique, avec plus de dix ans d’expérience dans les audits, la conception, le pilotage de travaux et le suivi de la performance. Le second est White Summit Capital, un fonds d’investissement européen spécialisé dans les infrastructures énergétiques, auprès duquel nous avons sécurisé 150 millions d’euros dédiés au financement des travaux de rénovation. L’objectif de Powesco est de réduire la facture énergétique et l’empreinte carbone de nos clients BtoB. Nous y parvenons grâce à une expertise technique éprouvée, un travail d’audit très concret sur site, la conception et la réalisation des travaux et, surtout, le suivi de la performance énergétique dans la durée. Lorsque le client n’a pas la capacité de financer les travaux en propre, nous pouvons les préfinancer intégralement.
En quoi votre méthode diffère-t-elle de ce que l’on observe habituellement sur le marché ?
F. P. – Contrairement aux approches reposant sur des modèles théoriques, nous réalisons un travail d’inventaire physique. Nous allons sur site, ouvrons les armoires techniques, recensons chaque équipement, analysons son état, ses réglages et son mode de fonctionnement. L’objectif est d’identifier des actions concrètes : remplacement d’équipements vétustes, optimisation de réglages, amélioration du pilotage, installation de systèmes plus performants. À l’issue de l’audit, nous présentons au client les économies possibles et établissons une consommation de référence. Chaque année, nous mesurons l’économie réellement obtenue. Si la performance est inférieure à celle annoncée, nous compensons 100 % de l’écart. Si la performance dépasse l’objectif, la majeure partie du gain revient au client et nous percevons un bonus compris entre 10 et 20 % de cette surperformance. C’est un engagement pluriannuel. Au-delà des travaux, notre rôle est d’assurer la cohérence de fonctionnement de tous les équipements.
Vous mettez en avant l’intérêt de ce mode de financement pour les collectivités. Pourquoi ?
F. P. – Les collectivités locales représentent une part importante de notre activité. Nous travaillons avec la collectivité pour définir des scénarios d’actions qui permettent de réduire la consommation sans dégrader le confort des usagers. Nous adaptons donc nos préconisations aux usages réels. Sur les collectivités, un sujet fréquent est la vétusté. Par exemple, pour installer des panneaux solaires, on découvre une toiture trop dégradée. La rénovation seule n’aurait aucun ROI, mais elle est indispensable. Nous proposons alors un package global, toiture et panneaux solaires, financé intégralement. Cela évite d’étaler les travaux sur plusieurs années, ce qui augmente les risques et retarde les bénéfices. Les montants peuvent aller de 100 000 euros à 5 millions d’euros selon la taille du projet, et nous pouvons préfinancer jusqu’à 100 %, contrairement aux solutions de financement existantes. Lorsque nous préfinançons, nous le faisons sur cinq à dix ans. La collectivité verse une redevance annuelle qui, dans l’équilibre économique du projet, est compensée en totalité ou en partie par les économies d’énergie générées.
Propos recueillis par Alexandre Arène






