3 Questions à Olivier Salvat, président du SNEC

Olivier Salvat, président du SNEC.

Le SNEC, Syndicat national de l’exploitation climatique et de la maintenance est membre de la FEDENE, Fédération des services énergie environnement. Il se compose de 60 entreprises de services énergétiques, qui interviennent dans le tertiaire, le résidentiel et l’industrie. Les membres du SNEC agissent sur toute la chaîne de valeur des installations de chaud et de froid, depuis la conception des équipements et leur installation, jusqu’aux phases d’exploitation et de maintenance. Les adhérents du SNEC couvrent 70 % du parc de chauffage collectif.

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Pouvez-vous nous en dire davantage sur l’enquête « Chauffage collectif et efficacité énergétique 2017 », réalisée pour le SNEC par l’Institut I+C ?
Olivier Salvat – Il s’agit de la troisième édition de cette enquête, les deux précédentes datant de 2012 et 2016. L’objectif est d’analyser les différents types de contrats en termes de consommations énergétiques. Les contrats sont classés en deux types : les contrats de maintenance qui permettent de garantir au client le bon fonctionnement de son installation, ce qui induit une obligation de moyens et non de résultats. Les contrats de performance énergétique (CPE), remplissent les mêmes conditions que le contrat de maintenance, mais avec une obligation de résultats : l’exploitant s’engage sur un niveau de consommation à ne pas dépasser. Ce type de contrat implique un intéressement, car si la consommation énergétique est au-dessus des seuils établis, l’exploitant doit dédommager son client pour la non-atteinte des objectifs. En revanche, si la consommation énergétique est en dessous des seuils fixés par le CPE, la surperformance est partagée par les deux parties. Nos adhérents sont donc interrogés sur leurs consommations et nous avons cette année obtenu davantage de réponses que lors des enquêtes précédentes. Cette année, l’étude a portée sur 490 000 logements collectifs pour un total de 33 millions de mètres carrés.

Que disent ces résultats et de quelle manière souhaitez-vous les faire valoir ?
O. S. – Nous sommes actuellement en retard sur l’objectif de baisse des consommations énergétiques. Aujourd’hui, un certain nombre d’actions ont été mises en place pour faire baisser les consommations et notamment, sur le bâtiment, des actions de rénovations lourdes, avec chaque année des plans de rénovation de quelques centaines de milliers de logements. Ces rénovations visent à transformer les passoires énergétiques pour les réhabiliter en profondeur. Nous souhaitons donc transmettre deux idées forces : d’un côté, ces rénovations lourdes ne suffiront pas à atteindre les objectifs fixés par la loi et de l’autre côté ces opérations ne sont pas autofinancées par les seules économies d’énergie réalisées. Ces rénovations, qui concernent les grands bâtiments publics, le patrimoine historique, les grandes copropriétés ou les logements sociaux sont prioritairement liées à une réhabilitation esthétique. Notre enquête montre qu’en mettant en œuvre des actions de performance énergétique plus légères, en agissant notamment sur les équipements de production de chauffage, les solutions de régulation, ou les systèmes d’IoT et d’objets connectés, il est possible d’atteindre 18% de baisse des consommations, avec des retours sur investissements de l’ordre de 10 ans, contre 30 ou 40 ans pour les rénovations lourdes.

De quelle manière le SNEC souhaite-t-il peser dans le débat dans les mois et les années à venir ?
O. S. – Nous souhaitons aujourd’hui apporter notre contribution à très court terme dans le cadre de la concertation qu’a annoncé Nicolas Hulot dans son plan de rénovation. Nous allons mettre en avant le fait qu’aujourd’hui, le gouvernement annonce d’investir 4,8 milliards dans ces rénovations lourdes et selon nous, cette somme peut être investie différemment. Il faut maintenir le volume d’un milliard d’euros par an, tout en généralisant les CPE, pour toucher l’ensemble du parc. Ces contrats nécessitent des investissements beaucoup plus faibles et donc une facilité de mise en œuvre accrue, notamment par leur capacité à s’autofinancer.

Propos recueillis par Alexandre Arène

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