Stéphane Marcinak, président, SAUTER Régulation SAS

À la fois fabricant d’automates, de capteurs et d’actionneurs, mais aussi éditeur de logiciels de gestion technique de bâtiments et de suivi énergétique, SAUTER Régulation SAS est spécialisé dans la production et la commercialisation de systèmes de régulation, d’automatisme et de gestion technique des bâtiments pour les installations de chauffage, de ventilation et de climatisation. Créé en 1910, le groupe est tourné vers l’innovation et présente cette année sur IBS une nouvelle gamme d’automates modulo 6, plus puissants et ouverts sur des métiers tiers.

IBS fête cette année ses 10 ans. Quel est votre sentiment sur les évolutions du Smart Building depuis la création du salon ?
Stéphane Marcinak – Nous avons constaté une réelle explosion des sujets liés au Smart Building ces deux dernières années. Auparavant, le sujet était davantage centré sur la domotique. Le Smart Building a été poussé par les utilisateurs qui avaient des solutions de pilotage chez eux et voulaient la même chose sur leur lieu de travail. Chez SAUTER Régulation SAS, nous avons défini le Smart Building de la façon suivante : standardiser les protocoles de communication, monitorer les consommations énergétiques, mettre en place des solutions fiables et pérennes, repenser le bâtiment et les usages et valoriser les nouvelles technologies pour y parvenir.

De quelle manière vos solutions ont évolué ces dix dernières années ?
S. M. – Nous avons développé des solutions de plus en plus conviviales et didactiques, en mettant à disposition toutes les données dans des API smartphone. Pour nous, le point clé est de créer des offres de plus en plus intuitives, et cela nous a amenés à expliquer notre métier aux utilisateurs finaux. Le Smart Building a obligé les fabricants à prendre en compte les besoins et les envies des utilisateurs dans un temps de retour très court avec l’expérience utilisateur. De nos jours, il est nécessaire de nous adapter rapidement, d’être agile, d’écouter les utilisateurs et de parler le même langage. Par exemple, les télécommandes dans les bureaux étaient très complexes jusqu’à maintenant, et davantage destinées aux ingénieurs/sachants. Aujourd’hui, elles sont très ergonomiques et intuitives et peuvent être manipulées par l’ensemble des individus. De plus, ces applications intuitives sont enrichies de chatbots et de tutos pour en faciliter encore davantage la prise en main. Un autre changement significatif est qu’auparavant, les utilisateurs voulaient que le bâtiment soit piloté en local. Aujourd’hui, ils acceptent le pilotage à distance.

Quelle solution présentez-vous cette année ?
S. M. – Cette année, nous présentons la gamme d’automates modulo 6. Leur puissance est dix fois supérieure par rapport à la gamme précédente et la configuration et la maintenance se font sur smartphone. De plus, ils permettent de communiquer avec les métiers tiers, comme les ascensoristes ou les ERP, par exemple. Cette gamme bénéficie également d’une mémoire extensible et d’ici la fin de l’année, les équipements pourront être reliés à des assistants vocaux. Cette gamme a été conçue pour des topologies IoT hébergées. Les automates peuvent également être virtualisés et hébergés sur le Cloud, avec pour seule limite l’acceptation des utilisateurs. Le développement technologique avance tellement vite que les usagers n’ont pas le temps de comprendre ces mutations. Notre filière doit donc effectuer un large travail de sensibilisation pour faire accepter ces changements.

Quelles seront selon vous les grandes évolutions des technologies du bâtiment dans les dix années à venir ?
S. M. – Dans dix ans, toutes les fonctionnalités du bâtiment seront virtualisées, grâce à des capteurs et des servomoteurs connectés, hébergés sur le Cloud. Nous concevons aujourd’hui les produits de demain. Le principal frein à débloquer est l’acceptation des utilisateurs pour ces nouveaux modes de stockage et de traitement de leurs données d’usage. Dans dix ans, les nouvelles technologies conçues et mises sur le marché aujourd’hui seront acceptées par les utilisateurs, ce qui permettra leur développement rapide.

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