P. Drevot, Electriciens sans frontières : « Notre action ne se limite pas à apporter des ressources, mais à améliorer les conditions de vie des populations. »

Paule Drevot

Electriciens sans frontières est une ONG de solidarité internationale reconnue d’intérêt public, qui contribue à l’amélioration des conditions de vie des populations les plus défavorisées, en apportant de l’électricité et de l’eau. Paule Drevot, bénévole au sein de l’association depuis 2011 après une carrière dans la fonction publique territoriale et une fin de carrière au syndicat d’énergie Hérault Énergie, revient sur les actions d’Electriciens sans frontières à travers le monde et sur son rôle au sein de la délégation Languedoc-Roussillon.

Pouvez-vous nous présenter Electriciens sans frontières et ses actions phares ?
Paule Drevot – Notre action ne se limite pas à apporter des ressources, mais à améliorer les conditions de vie des populations. Si nous apportons de l’électricité dans une maternité, cela réduit sensiblement la mortalité infantile. Notre action s’articule autour de trois axes : les projets de développement, les missions de post-urgence dans les pays touchés par des catastrophes naturelles ou des conflits, avec une aide à la reconstruction, et l’expertise, où nous venons en appui d’autres ONG pour vérifier la conformité de leurs installations. Il est important de préciser qu’en 2020, nous avons privilégié les énergies renouvelables dans 93 % des projets, notamment le solaire ou l’hydraulique.

Quels sont les enjeux de communication d’Electriciens sans frontières et quelles opérations menez-vous en région ?
P. D. – Auparavant, nous faisions passer nos appels aux dons et nos actions principalement par la presse et les médias. Aujourd’hui, les réseaux sociaux et les plateformes changent la donne. Sur la région Languedoc-Roussillon, les enjeux liés à la communication concernent l’interne et l’externe. Pour la communication envers nos adhérents, nous envoyons une lettre d’information pour leur faire part des décisions prises en bureaux. Tous les ans, nous organisons des rencontres avec nos 72 adhérents régionaux, répartis sur cinq départements. Nous envoyons également des questionnaires d’engagements. Enfin, nous organisons une rencontre conviviale annuelle pour créer du lien. Sur la communication externe, nous restons en relation étroite avec d’autres ONG, des associations locales et nos partenaires bailleurs. Nous leur envoyons des newsletters pour leur faire part de l’avancée des différents projets. Nous diffusons également des vidéos sur YouTube ou sur nos réseaux sociaux. Récemment, nous avons signé un partenariat avec un lycée de Béziers. Un professeur souhaitait monter un projet avec deux de ses classes, intégrant des énergies renouvelables. Les élèves conçoivent le projet que nous validons, avant de le faire réaliser sur place au Mali par des partenaires locaux.

Quels sont les actualités et les projets d’Electriciens sans frontières pour l’année à venir ?
P. D. –
Nous communiquons sur trois projets, un qui se termine et deux en phase de démarrage. Le premier, à Madagascar, prévoyait la pose d’un à deux lampadaires solaires par village dans une localité de l’île, en proie à l’insécurité. Cela permet de créer un lieu de rencontre nocturne sécurisé pour les habitants. Ce projet bénéficie à 1 600 personnes. En parallèle, nous en avons profité pour installer des bornes-fontaines dans les villages, pour lesquelles nous avons mis en place des comités de gestion, entièrement confiés à des femmes. Ensuite, nous lançons deux nouveaux projets. Le premier en Côte d’Ivoire à Gbogolo, dans le district de Séguéla, qui consiste à alimenter en électricité et en eau un dispensaire, une maternité et un complexe scolaire. Le second au Sénégal, en Casamance, dans quatre villages du département d’Oussouye, avec l’électrification d’un complexe scolaire et l’alimentation en eau de jardins communautaires, tenus par des femmes. L’objectif est de réhabiliter l’irrigation pour cultiver de quoi nourrir le village, avec une part des récoltes qui sera vendue pour dégager des bénéfices. Ces bénéfices serviront à maintenir l’installation dans le temps. Notre objectif est de former les bénéficiaires à la maintenance de 1er niveau afin qu’ils soient autonomes.

Propos recueillis par Alexandre Arène

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