Alexandra Del Medico, pour l’introduction de l’empathie dans l’entreprise !

Alexandra Del Medico, déléguée générale de l’association Qualifelec.
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Déléguée générale de l’association Qualifelec depuis le début de l’année 2015, Alexandra Del Medico a su, en un peu plus de deux décennies de carrière, bâtir un riche parcours professionnel. Une trajectoire sans prendre la tangente seule, mais qui, au contraire, se nourrit de la relation aux autres, de rencontres inspirantes et de savoir-être : l’attention, autrement dit l’empathie, mais aussi l’envie de progresser et celle de faire progresser. De quoi lui permettre d’y tracer sa voie et d’emmener à ses côtés celles et ceux qui auraient le désir de l’accompagner.

« L’enthousiasme est un moteur puissant que j’ai envie de partager » : voilà qui résume la tonalité de l’entretien et le sens que donne à ses actions Alexandra Del Medico, qui se veut passionnée et convaincante. Des origines italiennes y sont-elles pour quelque chose ? Pour ne pas se perdre, Alexandra Del Medico déroule son propre fil d’Ariane, « faire en sorte d’être bien avec soi-même, pour être bien avec les autres ». L’altérité, mais aussi « l’enthousiasme, l’envie, le volontarisme », des mots, des leitmotivs aussi, « encrés » sur le papier comme des vertus qui dessinent un caractère, et une dynamique, « partager mon goût pour l’action et le désir d’avancer, et transmettre l’idée que, quelle que soit sa situation, il est toujours possible d’évoluer vers de nouvelles compétences ». Le mouvement toujours, mais pas seule, « avec les autres et en apprenant d’eux ».

Défendre les mérites de son entreprise, d’un produit et savoir se vendre pour persuader l’acheteur potentiel que l’on est la bonne personne, celle qui est fiable et sur laquelle on peut compter.

C’est au milieu des années 90 qu’Alexandra Del Medico quitte les bancs de l’École Supérieure de Commerce de Lille*, une époque pas si lointaine où l’on étudiait en « sup de Co ». Un tournant qui fut l’opportunité «d’aborder de nombreuses disciplines » et « de réaliser de vrais choix de carrière ». Alors que nombre d’étudiants succombent aux sirènes de la finance, au prestige des chiffres, Alexandra Del Medico plébiscite le commercial. Originellement, «mon intérêt se portait vers le contrôle de gestion, mais rapidement, je suis rattrapée par les métiers de la vente qui m’apparaissent concrets, et parce qu’avant tout il s’agit de relations humaines».

La vente « parce que j’aime convaincre ». De la pugnacité, pour monter au créneau, « défendre les mérites de son entreprise, d’un produit et savoir se vendre pour persuader l’acheteur potentiel que l’on est la bonne personne, celle qui est fiable et sur laquelle on peut compter ». Mais la conviction ne vaut rien « si l’on ne sait pas mettre en œuvre certains savoir-être, écouter, prêter attention, tenir compte de l’autre, autrement dit faire preuve d’empathie, cela est trop souvent mis de côté, mais c’est pourtant un prérequis ». Une faculté qui lui permet de se frayer un chemin et d’acquérir de l’expérience dans l’industrie automobile, la métallurgie et la logistique. Des secteurs pourtant réputés parfois peu attractifs pour les femmes : « cela n’a jamais constitué un handicap pour moi, ni en matière de progression de carrière ni en matière de rémunération». Et de renchérir, « c’est peut-être une question de personnalité ». Un tempérament qui l’autorise à «mener de front vie professionnelle et vie personnelle et fonder une famille ». Un jeu d’équilibriste et une maîtrise du tempo, quand même, « j’ai hiérarchisé les priorités, c’est-à-dire réglé l’urgence là où elle se trouvait ». C’est une manière d’être à la vie qui peut aussi favoriser des collaborations fructueuses du point de vue des valeurs humaines. À l’image de cette rencontre avec un directeur commercial, « c’était un remarquable manager, pédagogue, attentif aux autres, radicalement à l’opposé des méthodes trop habituelles qui ne privilégient que les résultats au détriment de ceux qui les réalisent! ». Un style managérial « qui m’interpelle, je découvre qu’il est possible de diriger une équipe et d’obtenir de bons résultats tout en tenant compte des individualités. Ce fut inspirant ».

En ce début de millésime 2022, Alexandra Del Medico entame une nouvelle année au sein de Qualifelec. En 2015, rejoindre Qualifelec fut d’une certaine manière « comme revenir dans ma famille ». Enfant, « déjà, la technique me passionnait, et c’est avec mon père, qui travaillait alors dans le secteur du bâtiment, que j’aimais dessiner des circuits électriques ». Aussi, franchir les portes de Qualifelec fut une manière de boucler une boucle. Et d’ouvrir un nouveau chapitre professionnel, « dans la co-construction, avec de la bonne humeur, instaurer une dynamique positive, avec en ligne de mire dépasser le strict quotidien et ouvrir des perspectives longues en mettant en œuvre des projets communs ».

Promouvoir, valoriser, agir pour que chacun tire le meilleur profit de lui-même.

En intégrant Qualifelec, Alexandra Del Medico a les moyens de mettre en œuvre ses valeurs personnelles, son fil rouge, « tenir compte d’autrui, épauler, reconnaître des aptitudes et pousser vers le haut, parce que l’évolution et la dynamique de chacun rejaillissent sur tout le monde ». C’est en somme la raison d’être de Qualifelec, « qui est de valoriser, de faire reconnaître les compétences de nos clients pour leur faciliter l’accès à de nouveaux savoir-faire, ce qui contribue à renforcer leur attractivité ». Qualifelec, «née de la volonté des pouvoirs publics, n’en évolue donc pas moins dans un système concurrentiel. Dans ce cadre, mon expérience acquise dans des secteurs compétitifs prend ici tout son sens ».

En premier lieu, il lui fallut exorciser quelques vieilles habitudes, « le mot client n’appartenait pas à la culture de notre association. C’est désormais du passé, mais ce n’est pas un simple détail mais un enjeu majeur, nous avons des clients parce que nous proposons des services et que notre pérennité passe par la qualité du service que nous leur adressons ».

Tenir compte d’autrui, épauler, reconnaître des aptitudes et pousser vers le haut, parce que l’évolution et la dynamique de chacun rejaillissent sur tout le monde.

Et pour cela, «nous avons le devoir d’anticiper en permanence les changements. «Promouvoir, valoriser, agir pour que chacun puisse tirer le meilleur profit de lui-même », voilà qui va comme un gant aux valeurs que porte Alexandra Del Medico. Alors pour mener sa mission, tandis qu’au détour de la conversation est évoquée « sa passion pour le chant », Alexandra Del Medico n’aura nul besoin de pousser la voix pour se faire entendre. De l’écoute, de l’attention, notamment mais pas seulement, devraient insuffler du mouvement et suffire à convaincre de lui emboîter le pas.

Olivier Durand

*L’ESC Lille qui a fusionné avec CERAM Business School en 2009 est devenue alors SKEMA Business School

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