Florian Martin, directeur commercial grands comptes France chez Trilux, présente les opérations de rénovation conduites par la marque dans les aéroports. Basé à Entzheim, en Alsace, Trilux intervient principalement dans les espaces intérieurs. « Nos opérations dans les aéroports concernent principalement la rénovation. Les aéroports comprennent de nombreux espaces avec des grandes hauteurs sous plafond où il est coûteux d’intervenir pour changer les sources. Aujourd’hui, la rénovation s’impose pour passer à un éclairage led et améliorer le parcours des passagers. »

Dans quelles zones Trilux intervient lors des opérations de rénovation de l’éclairage ?
Florian Martin – Quasiment tous les espaces sont concernés : lounges, zones d’attente, guichets, zones de récupération des bagages, etc. Les aéroports disposent de luminaires robustes et durables, mais qu’il ne sera bientôt plus possible de maintenir : les lampes à décharge ne seront plus disponibles à l’horizon 2027. Notre mission est de faire passer ces installations en led, pour permettre des économies d’énergie significatives et apporter davantage de confort aux usagers. La température de couleur joue un rôle déterminant : dans une zone d’attente où les voyageurs peuvent patienter plusieurs heures, on privilégie une lumière douce à 3 000 K ; les circulations et zones de passage seront plutôt éclairées à 4 000 K. De manière générale, plus les niveaux d’éclairement sont élevés, plus les températures de couleur sont froides. Nous avons ainsi rénové récemment un grand lounge : espace central de plus de 15 mètres de hauteur sous plafond, avec d’énormes poutres apparentes et d’importants apports de lumière naturelle. Nous avons opté pour des luminaires architecturaux à émission exclusivement indirecte, afin que la lumière enveloppe l’espace sans que l’appareil lui-même ne s’impose visuellement. Tout cela dans le cadre strict des nombreuses contraintes.

De quel ordre étaient ces contraintes ?
Florian Martin – Elles étaient de trois types : techniques et réglementaires, liées aux exigences de la maîtrise d’ouvrage, et aux besoins des passagers eux-mêmes. Le choix de l’indirect a permis de mieux intégrer les appareils à l’architecture, sans que l’objet lumineux ne capte l’attention. Nous avons travaillé très en amont avec le bureau d’études, en intégrant matières, couleurs et textures zone par zone. Un aéroport est un environnement en mouvement permanent ; un éclairage tamisé et chaleureux convient à l’attente, mais les passagers circulent sans cesse, et chaque espace appelle une réponse différente. La tour de contrôle illustre bien cette complexité : les opérateurs ont besoin de niveaux d’éclairement suffisants, mais dans une ambiance très tamisée, sans éblouissement, pour rester concentrés sur leurs écrans et leurs instruments. Pour le luminaire d’éclairage général, nous avons conçu une bague spécifique placée devant le réflecteur en nid d’abeilles, couplée à une tige métallique qui assure à la fois la connexion électrique et la fixation au plafond. Nous avons dû transformer notre produit afin d’obtenir un UGR inférieur ou égal à 16. Un concept innovant, réalisé à partir d’un modèle existant.
Est-ce que ce développement sur mesure ne complique pas l’étude d’éclairage ?
Florian Martin – Pas vraiment ; au contraire, il nous pousse à mieux comprendre les attentes de nos clients et à innover. Le fait de disposer d’usines en Europe simplifie les échanges, raccourcit les délais et rassure les maîtres d’ouvrage. Je préfère parler d’ajustements techniques plutôt que de sur-mesure, car nous partons souvent de nos gammes existantes pour les modifier et les adapter aux besoins des clients ; les écarts par rapport au standard sont maîtrisés et reproductibles. Et notre expérience dans les infrastructures aéroportuaires nous a appris une chose : rénovation rime presque toujours avec innovation.
Propos recueillis par Isabelle Arnaud







